Tableau iv

By Évariste Parny

Written 1775-01-01 - 1806-01-01

Dans sa cabane solitaire

Myrtis attendait le sommeil.

Arrive une jeune étrangère.

Le teint de Flore est moins vermeil.

Du voile éclatant des princesses

Sa beauté s'embellit encor ;

Sur sa tête le réseau d'or

De ses cheveux fixe les tresses ;

L'or entoure son cou de lis,

Et serre ses bras arrondis ;

La pourpre forme sa ceinture ;

Et sur le cothurne brillant,

De ses pieds utile parure,

Sa tunique à longs plis descend.

Myrtis en silence l'admire.

« Je fuis un tyran détesté,

Lui dit-elle avec un sourire ;

Donne-moi l'hospitalité. —

Embellissez mon toit modeste.

Des joncs tressés forment mon lit ;

Il est pour vous.— Où vas-tu ? Reste ;

Du lit la moitié me suffit. »

Sur cet humble et nouveau théâtre

Elle s'assied ; un long soupir

De son sein soulève l'albâtre :

C'était le signal du plaisir.

Sur la cabane hospitalière

Passe eu vain le dieu du repos :

Myrtis et la belle étrangère

Échappent à ses lourds pavots.

Leur impatiente jeunesse

Jouit et désire sans cesse.

Ivres de baisers et d'amour,

D'amour ils soupirent encore ;

Et pourtant la riante Aurore

Entr'ouvrait les portes du jour.