Tableau xvii

By Évariste Parny

Written 1775-01-01 - 1806-01-01

« De Myrtis que la voix est tendre !

Il approche, et n'a pu me voir :

Sous cet arbre il viendra s'asseoir ;

Je veux me cacher et l'entendre. »

La jeune bergère, à ces mots,

Sur l'arbre monte avec adresse,

Et disparaît dans les rameaux.

Le berger sous leur voûte épaisse

Bientôt arrive, et les échos

Répètent ses accens nouveaux :

" Un oiseau venu de Cythère

Se cache, dit-on, dans ce bois.

Sa voix est touchante et légère,

Et son bec embellit sa voix.

Les chasseurs sont à sa poursuite.

Mille fois heureux son vainqueur !

Mais il craint la cage et l'évite ;

Et c'est lui qui prend l'oiseleur.

Jeune oiseau, ton joli plumage

Fait naître l'amoureux désir ;

Et pour moi, dans l'épais feuillage :

Tu seras l'oiseau du plaisir. »

Il dit, et sur l'arbre s'élance :

La bergère ne pouvait fuir,

Et le rire était sa défense :

Au vainqueur il faut obéir.

Quelques Nymphes de ce bocage

Du même arbre cherchent l'ombrage ;

Mais le bruit des baisers nouveaux

Se perd dans le confus ramage

Des fauvettes et des moineaux.