Tableau xxvi

By Évariste Parny

Written 1775-01-01 - 1806-01-01

Rêveuse et doucement émue,

Elle arrive dans le bosquet

Où de Vénus est la statue,

A ses pieds dépose un bouquet,

Et dit : « O Cypris, je t'implore ;

Protége moi contre ton fils.

Pour lui je suis trop jeune encore.

Je ne veux point aimer Myrtis. "

Quelques jours après sa jeunesse

De l'amour craint moins les douceurs.

D'un feston de myrte et de fleurs

Elle couronne la Déesse,

Disant : « Vois mon trouble secret ;

J'aime, apprends-moi comment on plaît. »

Elle revient, et le sourire

Ouvre sa bouche qui soupire :

" Il m'aime, ô propice Vénus !

Seule à ses regards je suis belle ;

Mais je veux par quelque refus

Irriter sa flamme nouvelle. »

Une guirlande sous sa main

Se déploie ; et de la statue,

Que le ciseau fit belle et nue,

Elle couvrait… Myrtis soudain

Du feuillage sort, et s'écrie .

« Ne couvre rien, ma jeune amie ;

Crains Vénus. » Sans force et sans voix,

Elle rougit, chancelle, glisse ;

Et la guirlande protectrice

Reste inutile entre ses doigts.