Tempête d'octobre

By Lucie Delarue-Mardrus

Written 1930-01-01 - 1930-01-01

Pour remplacer partout l'ancienne verdure

Par on ne sait quel iodure,

Les feuilles mortes ont de si belles couleurs

Qu'on peut croire qu'il pleut des fleurs.

Le féroce chasseur de la vieille ballade

Parcourt cette pourpre malade.

Taïaut ! C'est la tempête, au fond du lointain d'or,

Qui passe et qui sonne du cor.

Tout s'effeuille, se tord, s'enfuit. La forêt bronche,

Le vent immense arrache et jonche.

On dirait que plus rien ne va rester debout

Dans cette grande fin de tout.

Et l'on s'en va parmi cette ivresse farouche

En courant, en ouvrant la bouche,

Avec l'âpre désir, dans ces tourbillons d'or,

De voler comme eux à la mort.