Triolets des petites parisiennes

By Albert Mérat

Written 1900-01-01 - 1900-01-01

Qu'elle marche, ne marche pas,

Rien ne vaut la Parisienne.

Quand elle marche, on boit ses pas,

Qu'elle marche, ne marche pas

On ferait ses quatre repas,

De l'insigne magicienne.

Qu'elle marche, ne marche pas,

Rien ne vaut la Parisienne.

Elle va, vient comme un oiseau,

Elle est mignonne, exquise et rare

De la cheville au frais museau.

Elle va, vient comme un oiseau,

Elle a, fine comme un roseau,

Le sein en marbre de Carrare.

Elle va, vient comme un oiseau,

Elle est mignonne, exquise et rare.

On la connaît rien qu'à ses yeux,

Très souvent noirs quand elle est blonde,

Méchants jamais, malicieux.

On la connaît rien qu'à ses yeux,

Moqueurs, riants ou soucieux,

Toujours les plus plaisants du monde.

On la connaît rien qu'à ses yeux,

Très souvent noirs quand elle est blonde.

L'étoile des yeux de Paris

Est une bien jolie étoile,

Qu'ils soient bruns ou noirs, bleus ou gris,

L'étoile des yeux de Paris.

C'est dans mon cœur un parti pris,

Un goût d'amour que je dévoile.

L'étoile des yeux de Paris

Est une bien jolie étoile.

Pour elle l'esprit n'est qu'un jeu,

Le mot drôle luit et s'envole.

A ses lèvres nous prenons feu.

Pour elle l'esprit n'est qu'un jeu.

Il ne lui manque, grâce à Dieu,

Ni la langue, ni la parole

Pour elle l'esprit n'est qu'un jeu,

Le mot drôle luit et s'envole.

Tout en elle est clair et mignon

Et sa grâce nous cherche noise ;

Des bottines jusqu'au chignon,

Tout en elle est clair et mignon.

L'astre n'est plus qu'un lumignon,

Qu'il soit d'ailleurs ou de Pontoise.

Tout en elle est clair et mignon

Et sa grâce nous cherche noise.

Trois fleurs, et voilà son chapeau

Qu'elle invente et fait elle-même,

Et qui sied au grain de sa peau.

Trois fleurs et voilà son chapeau.

On se rallie à ce drapeau ;

Sa devise est : « Qui me suit m'aime ! »

Trois fleurs, et voilà son chapeau

Qu'elle invente et fait elle-même.

Elle s'habille d'un coupon

De rien du tout qui la fait reine.

Le plus brave devient capon.

Elle s'habille d'un coupon.

La voix timide du chapon

Déplaît à cette souveraine.

Elle s'habille d'un coupon

De rien du tout qui la fait reine.

Elle se déshabille aussi,

Bien plus gentiment que les autres,

O mon amour et mon souci !

Elle se déshabille aussi.

Heureux celui-là, celui-ci,

Qui n'a de baisers que les vôtres,

Elle se déshabille aussi

Bien plus gentiment que les autres.