Troisième automnale

By Lucie Delarue-Mardrus

Written 1901-01-01 - 1901-01-01

L'automne, bouquet mort qui s'effeuille sur nous,

Chante au luth des roseaux comme un refrain d'aède.

Le souffle d'un amant passe dans son vent tiède,

Rudoyeur d'arbres d'or à même les ciels fous.

Des feuilles choient ; la mer en roule dans ses vagues ;

Celles des marronniers rouent parmi les chemins ;

La journée est un long crépuscule… Ah ! des mains !

Tendre des mains de rêve opulentes de bagues

Vers on ne sait quel songe immense ; et en sentit

Qui vous prennent ; et fuir dans leur force qui noue

Vers là-bas, vers très loin, à jamais joue à joue

Avec quelqu'un qui soupirait dans ce soupir

Des roseaux, dont le souffle en la brise était tiède

Et qui hantait les bois de cette âme d'aède !…