Troisième octobrale

By Lucie Delarue-Mardrus

Written 1908-01-01 - 1908-01-01

Ce soir, je n’ai besoin des femmes ni des hommes

Pour que mon difficile cœur se sente bien.

A travers mon pays Octobre sent les pommes,

Et, passionnément, je possède mon bien.

Je ne veux rien déplus. La simple et bonne route

Qui s’en va par les champs récoltés, le croissant

Qui monte à l’horizon du rouge soir puissant

Et quelques vieux pommiers tordus, me prennent toute.

Je te mords, mon pays, à même, ô pain doré !

Ma soif boit la belle eau qui court dans ta vallée.

Je sens toute mon âme ivre, heureuse, comblée,

Se rouler sur la terre où je retournerai.