Un Rêve

By Léonise Valois

Written 1910-01-01 - 1910-01-01

J'ai rêvé pour nous deux d'un éternel printemps

Avec un soleil d'or égayant la colline,

Ou nous allons souvent lorsque le jour s'incline,

Tout émus, contempler les déclins éclatants.

Sur le riant plateau que le zénith domine,

A l'ombre des vieux pins qui bravent les autans,

Nous y ferions bâtir à l'épreuve du temps

Un asile au bonheur, à l'extase divine !

Nous verrions là des ans dénier l'heureux cours ;

Seul le babil des nids troublerait le silence

De ce très doux séjour borné dans sa distance.

Des rosiers fleuriraient sans craindre les retours

Des âpres vents d'automne, et notre amour immense

Captif en cet Éden, rayonnerait… toujours !