Veilleuse

By Lucie Delarue-Mardrus

Written 1902-01-01 - 1902-01-01

La nuit tombante est pure et douce, comme une âme

Qui s'endort balancée aux arbres du dehors ;

Et toi tu t'assoupis aussi d'âme et de corps

Au creux des oreillers où ton bien-être pâme.

Mais, demi-jour dans la demi-obscurité,

La veilleuse au plafond brûle pour que tu dormes

Parmi le ballet noir des revenants informes

Que crée, au long des murs, son rayon écourté,

Afin qu'en dilatant tes grands yeux taciturnes,

Si quelque réveil brusque en sursaut vient t'asseoir,

Tu puisses terminer ton rêve étrange, à voir

Ces apparitions de tes heures nocturnes.