Vieille dame

By Laurent Tailhade

Written 1899-01-01 - 1899-01-01

Après avoir morné tant de robustes piques,

— Heureux vaincu de ce combat qui lui fut cher —

Et poussé dans le plus intime de sa chair

« Les dragons chevelus, les grenadiers épiques, »

Ma tante Jean Lorrain adhère au boniment

Coppéen, par qui va fleurir la Paix aimée,

Sans nul autre désir que prouver à l’Armée

Son amour, en détail et collectivement.

Palpitant des viols subis avec ivresse,

Il imbibe les régiments de sa caresse,

Donne aux tringlots des noms de princes fabuleux.

Son cœur est grand ouvert à leurs jeux délétères,

Patriote comme chausson ! — Les cordons bleus

Et les vieilles putains aiment les militaires.