Vilain

By Germain Nouveau

Written 1922-01-01 - 1922-01-01

J’ai connu, Madame, une Dame,

Moi vilain petit paysan,

Aussi grande de cœur et d’âme

Que… la plus grande et… fine lame

Et… pleine d’esprit… jugez-en.

Un soir, mon âme était complète,

Comme dit, après avoir bu,

Le jeune homme qui fait la fête ;

De vrai, je n’avais plus ma tête,

J’étais totalement fourbu.

J’avais l’esprit un peu morose ;

Je ne sais ce qui traversa

Ma cervelle, pour quelle cause…

« Comment, perdîtes vous… ta rose ?

Oui, Madame, contez-nous ça. »

Ah ! que notre bêtise est grande !

Doux Jésus ! Amour de Sion !

Ma langue à vous se recommande…

Oui… car… pourquoi cette demande,

Ou plutôt… cette question ?…

Comment perdîtes-vous… Ta rose ?

Et j’attendais, me tenant coi.

Alors, tout doucement, sans pose,

Comme on dit, hélas ! quelque chose

En songeant à n’importe quoi.

« Bien simplement. » répondit-elle.

N’est-ce pas céleste et charmant ?

Cette réponse est immortelle.

Je voudrais d’un flot de dentelle

Encadrer ce : Bien simplement !