Villanelle

By Laurent Tailhade

Written 1899-01-01 - 1899-01-01

C’est l’arbitre du bon ton

Le youtre cher à Gamelle,

C’est Meyer porte-coton.

Bravant le qu’en-dira-t-on,

Aux hidalgos il se mêle.

C’est l’arbitre du bon ton.

Le chouan, lorrain ou breton,

Ne va point à sa semelle :

C’est Meyer porte-coton.

L’âme atroce de Caton

N’a pas en lui sa jumelle.

C’est l’arbitre du bon ton.

Les coups de pied, de bâton,

Dilatent sa gargamelle.

C’est Meyer porte-coton.

On prise fort, chez Goton,

L’empois qui le caramèle :

C’est l’arbitre du bon ton.

Il craint le fer. Se bat-on,

Sa cacarelle est formelle :

C’est Meyer porte-coton.

Il éloigne l’esponton.

La flamberge, l’alumelle :

C’est l’arbitre du bon ton

À deux mains, contre un séton

Il protège sa flanelle.

C’est Meyer porte-coton.

Chauve de partout, Giton

De mainte vieille andrumelle,

C’est l’arbitre du bon ton.

Il drapa le hoqueton

Chez Antigny, sa fumelle :

C’est Meyer porte-coton.

Il marine comme un thon

Dans le chrême qui grumelle.

C’est l’arbitre du bon ton.

C’est Dangeau, c’est Hamilton,

Brummel dompteur de chamelle !

C’est Meyer porte-coton

L’Église aime ce croûton

Et les gaupes font comme elle.

C’est l’arbitre du bon ton,

C’est Meyer porte-coton.