Villégiature

By Jean Lorrain

Written 1885-01-01 - 1885-01-01

« Je suis bien invité, mais la dèche est profonde.

« Le voyage n’est rien, mais ce sont tous les frais :

« Mets d’abord trente louis chez Poole, trois complets,

« C’est le moins pour huit jours ; mets en vingt à la ronde

« Chez Hazard et Doucet : le pourboire aux laquais :

« Deux louis à chacun d’eux, ils sont là tout un monde.

« C’est un gouffre, te dis-je, et je veux qu’on me tonde :

« Je te fais grâce encor du fretin des bouquets. »

Alors le frère aîné de l’air d’un chat, qu’on fâche.

« Vingt-cinq ans, mince et fort, le nez droit, la moustache

« Couleur de seigle mûr et les yeux, que voilà ;

« On t’invite à Bérode et tu n’irais pas là !

« La fille a dix-huit ans. »

— « Hé bien. »

— « Compromets-la

« Et de force au besoin. Sinon, tu n’es qu’un lâche. »