Viviane
By Jean Lorrain
Written 1882-01-01 - 1882-01-01
Au fond de Broceliande, où loin de tout profane
Merlin sommeille encore, ivre et lassé d'amours,
Blanche, attirante et souple apparaît Viviane,
Un étroit tortil d'or entre ses cheveux lourds.
Elle danse en chantant au milieu des bardanes,
Dans les glauques reflets des mousses de velours,
Et le cercle éclatant de ses pieds diaphanes
Éblouit l'ombre verte au fond des grands bois sourds.
Les pieds nus caressés dans ses cheveux d'or fauve,
La courtisane danse et les bois, tiède alcôve,
De leurs parfums troublants enivrent le vieillard.
La courtisane danse avec un long regard
Et lui qui sent ses mains errer sur son front chauve,
Cède et lui livre enfin le secret de son art.