Voleuses

By Jean Lorrain

Written 1885-01-01 - 1885-01-01

On ne les verra plus, elles ni les frôleuses

Traînes de satin blanc ni les fins tissus d’or,

Dont la mère et la fille ornaient hier encor

Les bals du Président, car ce sont deux voleuses.

Le père ayant été chirurgien-major

Dans l’armée, on a fait au nom la faveur rare

De ne pas envoyer la fille à Saint-Lazare

Et la mère au dépôt, et c’est peut-être un tort ;

Car la mère aujourd’hui vit aux frais de la fille,

Horizontale rousse au feutre empanaché

Et qui ne vole plus sa robe au Bon-Marché :

Ce qu’on vole aujourd’hui, c’est le fils de famille,

C’est le mari galant à sa femme arraché,

Car c’est sa nudité charmante qui l’habille.