Volière

By Lucie Delarue-Mardrus

Written 1905-01-01 - 1905-01-01

Au soleil, collée aux grillages,

J'aime rester longtemps à voir,

Avant que l'éteigne le soir,

La vie en prison des plumages.

Voici trottiner les fins pieds

Sous les éventails de la roue,

Le cri sylvestre des gibiers,

Le roucoulement qui s'enroue.

C'est l'inouï faisan doré

A la queue aiguë et royale,

Et dont brûle l'œil fixe et pâle

Dans l'or de son chef effaré ;

C'est la mystique tourterelle

Avec son vol de Saint-Esprit ;

C'est la toute ronde perdrix

Couleur de terre et qui rappelle ;

Ce sont les beaux pigeons replets

Posant leur tête sur leur gorge

Pleine de sarrasin et d'orge,

Et s'endormant dans leurs reflets…

O vers vous mes mains désireuses

De vos danses, de vos essors,

De vos blancheurs et de vos ors,

Oiseaux, ailes trois fois heureuses !…