Vue

By Paul Valéry

Written 1920-01-01 - 1920-01-01

Si la plage planche, si

L’ombre sur l’œil s’use et pleure

Si l’azur est larme, ainsi

Au sel des dents pure affleure

La vierge fumée ou l’air

Que berce en soi puis expire

Vers l’eau debout d’une mer

Assoupie en son empire

Celle qui sans les ouïr

Si la lèvre au vent remue

Se joue à évanouir

Mille mots vains où se mue

Sous l’humide éclair de dents

Le très doux feu du dedans.