XXXIV

By Armand Silvestre

Written 1882-01-01 - 1882-01-01

Dans la poussière fauve où l'horizon se noie,

Où se perd le dernier rayon du jour penchant,

Mêlant sa chère flamme aux flammes du couchant,

Ton beau regard parfois sur mon Rêve flamboie.

Est-ce un adieu lointain que ta pitié m'envoie

Du ciel où mon espoir lassé va te cherchant ?

Mais dans mon cœur ouvert il laisse, en le touchant,

Une mélancolique et douloureuse joie !

Vers les rives du ciel qu'on ne distingue plus

La lumière qu'emporte un rythmique reflux

De son écume d'or éclabousse la nue,

Battant la poupe en feu du vaisseau de clarté

Où, sous un dais d'azur, m'apparaît ta Beauté

Qui de mon triste amour enfin s'est souvenue !